Le blog de Kamicha

Un petit espace personnel pour vous faire partager mes passions: lire, écrire, surfer sur le net, la nature et les animaux (les chats en particulier), l'action humanitaire et la protection animale.

24 mars 2009

Paroles de fan ...

J'ai été particulièrement contente de voir Isabelle Adjani au JT de la Deux dimanche soir et hier soir au Grand Journal de Canal + . Je l'ai trouvée intéressante et fraîche comme une rose .

D'accord , elle a avoué lors d'interviews à des magazines se faire faire trois points de Botox pour lisser son front mais quand certaines personnes vont jusqu'à affirmer que la chirurgie esthétique l'a enlaidie , c'est du grand n'importe quoi !

J'ai vu une jolie femme de 53 ans , qui a toujours son magnifique regard bleu inoubliable , jolie et manifestement intelligente , mais cela , je le savais déjà .

Elle était là pour faire la promo de "La journée de la jupe" , elle s'est très bien acquittée de sa tâche et j'aimerais la voir plus souvent .

Sur les deux plateaux , elle n'avait rien de la star inaccessible ...

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22 mars 2009

Adjani encore ...

Le Nouvel Observateur. - Dans «la Journée de la jupe», vous incarnez Sonia Bergerac, une professeur de lettres qui prend ses élèves en otages...
Isabelle Adjani. - En guise de dopage, j'ai revu «Un après-midi de chien» de Sidney Lumet, avec Al Pacino, qui est, pour moi, une intarissable révélation. C'était histoire de me dire : mais, non, ce n'est pas ridicule d'attraper ce flingue et de mettre tous ces malheureux élèves en joue...
N. O. - Sonia Bergerac, c'est aussi un costume...
I. Adjani. - Je suis allée m'acheter une jupe chez Zara, cette petite jupe beige qui n'est rien. Ce n'est pas une jupe droite, car cela aurait donné trop de sévérité au personnage. Sonia Bergerac a envie de penser qu'elle est bien habillée. Il y a cette chemise blanche et cette veste blanche qui marquent son respect de l'institution, son besoin de dignité. On n'est pas loin de l'uniforme. On ne se fait pas remarquer mais on porte une «jolie tenue», notion démodée, mais qui avait cours chez mes parents.
N. O. - Ses bottes sont plus glamour...
I. Adjani. - Les bottes, c'est sa petite folie. Elle a économisé sur plusieurs mois, car elles étaient beaucoup trop chères pour elle. Jean-Paul Lilienfeld m'a laissé me raconter cette histoire, seule, et dont je ne pensais jamais parler à personne.
N. O. - Pour la plupart, les adolescents avec qui vous avez tourné ne vous connaissaient pas...

 

 


I. Adjani. - Comment me connaîtraient-ils ? Je ne joue pas dans les films qu'ils vont voir. Quant à mes films, ils sont rares [sourires]. J'étais connue de leurs parents. Et quelques- uns, sans connaître mes films, savaient que j'avais un père algérien. Le premier jour, ils m'ont appelée Madame. Je me suis posée comme «madame» jusqu'au bout. Je n'ai jamais cherché à établir un autre rapport que celui qu'exigeait le scénario. Ils la connaissent, la technique adulte de la démagogie. Ils sont «imbernables». Rien ne les impressionne. En tout cas, pas une actrice française. Les épater ? C'était perdu d'avance. Peut-être un acteur américain y serait parvenu ! Il y a une scène où je leur dis : «Si vous ne réussissez pas à l'école, c'est foutu pour vous.» Ce n'est pas rien à dire à des enfants pour qui c'est une problématique réelle. Si ça ne passait pas, rien ne passait. Je n'oublierai jamais le regard de Sarah, qui par ailleurs est championne de boxe thaïe. Ses yeux semblaient dire : «Tu as intérêt à ce que ça sonne vrai...»
N. O. - Dans la nouvelle génération, Maïwenn, la réalisatrice du «Bal des actrices», vous admire mais vous reproche d'être «'imbousculable»...
I. Adjani. - [D'une voix douce] Qu'elle aille se faire voir. Elle a du talent, elle est très mignonne. Mais elle a besoin de tuer mon modèle ou de me tuer en mère - comme on tue le père. Avant de lire le scénario, «le Bal des actrices» me semblait une idée formidable. Mais je n'ai pas voulu de ce rôle. Il est très difficile de jouer un personnage qui porte votre propre nom et d'expliquer aux gens que ce n'est pas vous. Le public n'est pas psychanalyste. Et puis Maïwenn, c'est un chef. Moi, je n'aime pas obéir aux chefs. Je suis démocrate. J'aime contribuer au débat ! On travaille dans le dialogue, non dans la soumission. Ou alors il faut que le metteur en scène soit un génie comme Martin Scorsese. Mais, comme je ne tourne pas avec lui, le problème ne se pose pas [rires].

 

 


N. O. - Maïwenn dit aussi : «Adjani refuse de jouer les mères de famille»...
I. Adjani. - Attention, c'est «Twilight Zone» ! C'est absurde. Qu'on m'en donne, des rôles de mère de famille intéressants. J'ai des enfants : je connais le rôle mieux que personne. Pour le jouer, je n'ai qu'à claquer des doigts.
N.O.- «La Journée de la jupe» est un film sur la misogynie...
I. Adjani. - A Lyon, Marseille et Lille, vous trouvez des associations du Printemps de la Jupe. Elles se battent pour le port de la jupe et le respect de la mixité au lycée.
N. O. - La modernité, c'est la jupe ou le pantalon ?
I. Adjani. - Ce fut le pantalon, c'est devenu la jupe. On est loin des acquis féministes. On est dans la nécessité de revenir à une féminité vivable. Féminine égale pute, c'est quand même embêtant. C'était inimaginable avant le phénomène de l'intégrisme islamique. Il est étrange que le pantalon soit vécu comme un voile.
N. O. - Sonia Bergerac a des parents algériens. Vous avez le projet de jouer dans un film de Yamina Benguigui le rôle d'une ministre d'origine maghrébine. Vous jouez plus volontiers avec vos origines... ?
I. Adjani. - Ce n'est pas moi qui en décide. Voyez «Police». J'avais opposé plusieurs refus à Pialat, ce qui l'avait mis de fort mauvaise humeur. J'ai toujours gardé la liberté de faire ma mauvaise tête. Je lui avais dit non pour «Loulou», non pour «les Filles du faubourg», etc. J'apprends qu'il y a dans «Police» un rôle de jeune femme d'origine maghrébine. Je lui dis : «J'aimerais bien le faire.» Et lui, tout content parce qu'il avait sa vengeance, me dit : «Eh ben, non...»
N. O. - Référence directe au geste de Zidane, dans le film vous administrez un «coup de boule», qui sonne comme une version hyperbolique de «la Gifle»...
I. Adjani. - Mouss, un élève, insulte la mère de mon personnage. Comme chez Zidane, sans doute, cet outrage fait remonter en elle ce qu'elle a pu percevoir de la difficulté de ses parents à dépasser certaines humiliations.
N. O. - Votre deuxième prénom est Yasmina...
I. Adjani. - «Isabelle», c'était fait pour ne pas attirer l'attention. Mon frère se prénomme Eric Akim. Mon père venait d'une Algérie française. Il parlait français mieux que vous. Il ne parlait jamais arabe devant nous. Sauf l'accent allemand de ma mère, tout était fait pour qu'on soit français, même si cela n'empêchait pas mon père de cuisiner des plats traditionnels ou d'évoquer Constantine. En revanche, quand il écrivait à sa famille, j'ai découvert que, dans ces lettres, j'étais «Yasmina», jamais «Isabelle».
N. O. - Vos élèves dans le film restent sourds aux charmes de Molière. Que vous inspire la frigidité du président la République pour «la Princesse de Clèves» ?
I. Adjani. - Voyez mon accablement... Tant pis pour lui. Si Carla Bruni pouvait lui lire ce livre chaque soir au coin du feu sur un air de guitare... Personnellement, je ne sais pas comment j'aurais vécu ma vie amoureuse si je n'avais pas lu «la Princesse de Clèves».
N. O. - C'est un bon comédien ?
I. Adjani. - J'ai l'impression qu'il se découvre humoriste. Il aime de plus en plus faire des bons mots devant son auditoire et rechercher les applaudissements. C'est très étonnant. Il doit fréquenter pas mal de comiques. Il a un vrai mimétisme avec certains comédiens de stand up.
N. O. - On a édité «Articles intrépides», un recueil d'Hervé Guibert où figure «la Vertu de l'excès», le portrait qu'il avait fait de vous...
I. Adjani. - Je l'adorais. Il voulait qu'on tourne un film qu'il avait écrit pour moi, «Gemina». On riait beaucoup. On se donnait rendez-vous dans des vivariums. Il me prenait en photo devant des serpents. C'était aussi quelqu'un de très mauvaise foi. La trahison avait pour lui comme un attrait irrésistible. Tout à coup, il allait montrer à «Paris Match» des photos intimes qu'il avait prises de moi et qui n'étaient faites que pour orner son bureau. Il venait me faire part de son désarroi, comme s'il s'agissait de quelque chose de pulsionnel. A la fin, pris de scrupules, il allait reprendre les photos à «Paris Match». A un moment, son univers fantasmatique a pris le dessus. Il a décidé de partir vers ce monde imaginaire au péril de sa vie. Il s'ennuyait à n'être que bien portant. Parfois, nous allions au Musée Grévin. La figure de Louis XVII exerçait sur lui une fascination mortifère. Cette métaphore de l'adolescence agonisante le troublait infiniment. Il n'avait pas envie de vieillir. Moi, je me conduisais comme une mère-couveuse avec lui. J'étais toujours à vouloir le réconcilier avec ses tantes. Je crois qu'il n'a pas bien vécu le fait que je vienne dire à la télé, contre la rumeur, que je n'avais pas le sida. Il a pris ce démenti comme une sorte de désolidarisation. C'était si compliqué...
N. O. - Pour parler d'une rumeur moins tragique, qu'est- ce que c'est que ce maquillage que vous portiez à la cérémonie des Globes de Cristal ?
I. Adjani. - Vous voulez l'histoire de l'histoire ? Jean-Paul Lilienfeld et moi venions recevoir la Pépite de Cristal pour «la Journée de la jupe». C'était au Lido, dans un climat déjanté. Jean-Luc Delarue, par son attitude étrange, plongeait ses invités dans un état de sidération. Jusqu'à parler de ses lolos à Yamina Benguigui... Jean-Paul Lilienfeld me dit : «Delarue ne fait pas dans la dentelle.» La maquilleuse me dit : «Je sais faire des maquillages en dentelle.» Jean-Paul décide de se mettre en jupe, il trouve un vieux jupon. Je dis à la maquilleuse : «Soit, faisons dans la dentelle.» Ce maquillage, ce n'était rien qui mérite de s'y attarder. Un petit truc kitsch, pop, funky, au Lido. Je me suis rendu compte que je n'étais pas Björk. Je n'ai même pas le droit de m'amuser. Je le prends comme un indicateur de l'imaginaire social. Dans la salle, un ami a failli casser la figure à son voisin parce qu'il disait : «Oh, ça va, on les connaît ses origines, c'est pas la peine qu'elle se foute du henné sur la gueule...» Et, avec tout ça, le jupon de Jean-Paul est resté inaperçu.

 

Source : nouvelobs.com

 

 

 

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21 mars 2009

"La journée de la jupe" ...

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Comme je l'avais écrit , j'ai regardé hier soir sur Arte ce téléfilm où Isabelle Adjani joue le rôle d'une professeure de lettres qui craque et , ayant découvert inopinément une arme dans le sac d'un de ses élèves , s'en sert et prend une partie de sa classe en otage . Je n'ai pas été déçue et j'ai trouvé Adjani magistrale dans ce film .

 

Le film est réaliste ( la prof qui tente de faire cours au début dans un "bordel" indescriptible , son épuisement qu'on ressent )  , parfois dur ( la scène du viol filmée sur un téléphone portable ) , le dénouement est à la fois violent et bouleversant ( la scène du cimetière ) . J'ai trouvé particulièrement émouvant le moment où l'on découvre qu'elle est elle-même d'origine maghrébine .

 

Les jeunes acteurs qui jouent les élèves sont très bien aussi , notamment le "méchant" , qui joue très bien son rôle , ainsi que Denis Podalydès , dans le rôle du "bon" flic humain .

 

J'ai trouvé ce film puissant de bout en bout et je lui souhaite une belle carrière au cinéma , où il sort le 25 .

 

Quant à Adjani , je l'ai trouvée géniale et toujours aussi belle , n'en déplaise aux mauvaises langues . Elle a toujours son regard d'enfant ...

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Isabelle Adjani , un chemin vers l'absolu ...

La remarque d’Isabelle Adjani était passée presque inaperçue. Sur la petite table, au sous-sol de cette célèbre maison de thé du 17e arrondissement de Paris, on avait déplié un exemplaire de La Croix pour lui montrer l’espace qui lui serait réservé dans le journal. « Le temps d’un dialogue libre est rarement offert », s’était-elle immédiatement réjouie en jetant un œil attentif sur les deux pages de portrait.

D’emblée, elle accueillait avec plaisir la promesse d’une discussion authentique. Comme si elle incitait immédiatement son interlocuteur à se débarrasser de l’appréhension de rencontrer une « star »… À se délester de tous les jugements qui encombrent l’esprit quand vient le moment de rencontrer une comédienne qui a traversé plusieurs décennies de la vie du cinéma et hanté, parfois malgré elle, la une des magazines à sensation.

Ses débuts fracassants à la Comédie-Française, sa célébrité fulgurante, la naissance d’un phénomène, ses rôles marquants et incandescents (L’Été meurtrier, Camille Claudel, La Reine Margot), son parcours à ellipses, ses retours réguliers autant que son mystère pénétrant, les fantasmes éternels et les rumeurs les plus insensées (le sida, la mort…) l’ont fait entrer dans le registre commun.

Une icône, un être lointain et inaccessible

Le regard collectif l’a dépossédée d’une partie d’elle-même. Et de sa vérité, cette vérité dont elle aspire toujours à témoigner. Portée par cet idéalisme qui l’a tant fait souffrir. Comme un chat blessé, Isabelle Adjani s’est souvent recroquevillée sur elle-même, alors que sa personnalité profonde la pousse à la relation. « J’ai compris que je devais renoncer à comprendre pourquoi je suscitais toutes ces réactions. Pourquoi l’amour que j’inspire était proche de la haine. Il m’a fallu cultiver une forme de douce résignation, sans que cela soit du renoncement, de l’abandon ou du désintérêt. » Dans l’imaginaire public, Isabelle Adjani, au mieux, serait devenue une icône. Ou pour le moins un être lointain et inaccessible, presque un fantôme dont on guetterait les apparitions, entre fascination et goguenardise.

Cet après-midi de mars, elle est bien là, veste de satin élégante et maquillage raffiné. Ses yeux bleus d’une limpidité absolue ne s’évadent jamais dans le vide, sauf lorsqu’elle cherche le mot juste. Toujours en quête de cette perfection qui entretient sa rareté mais l’empêche de se donner le droit à l’erreur. Elle commande un thé sans théine, et la voilà parfaitement disponible pour un entretien de plus de deux heures, alors que d’autres vedettes, de moindre statut, réduisent les interviews à la moitié, voire au quart…

"Je recherche sans cesse le bonheur d’une forme de proximité"

Inaccessible Adjani ? Premier malentendu, qu’elle dissipe, d’une voix douce et soutenue. « Il faut ne m’avoir jamais rencontrée pour dire cela. C’est impossible, ce n’est pas ma personnalité. Je recherche sans cesse le bonheur d’une forme de proximité. Jamais je ne mets de distance avec les gens, sauf si je ressens une menace. »

On signale juste la présence, à ses côtés, d’une paire de lunettes noires qui ressemblent bel et bien à un écran de protection. La remarque la pique au vif, provoque le seul (léger) agacement de l’après-midi. Elle invoque la fragilité de ses yeux, une intolérance à la lumière trop crue. Dit ensuite qu’elle aime bien se sentir protégée, s’emmailloter de douceur. « Je porte des lunettes de soleil l’hiver ou des bonnets en plein été depuis que j’ai l’âge de 16 ans. C’est mon uniforme de liberté ! Ce n’est pas aujourd’hui que je vais changer ! »

Elle poursuit, un peu plus offensive. « Tout de même, c’est étrange qu’il faille toujours rendre des comptes ! En France, il faut absolument rentrer dans les rangs. J’adore Londres ou New York ! Vous avez le droit de vous balader avec des plumes sur la tête ou de porter une crinoline. Si je n’avais pas été actrice, j’aurais aimé vivre ma part d’excentricité, porter des tenues extravagantes ! » Elle s’amuse de ce paradoxe monumental : devenir comédienne et fuir la lumière…

Rien ne l’avait préparée aux feux brûlants d’une notoriété soudaine

C’est l’instant où il faut revenir en arrière. Au moment crucial où Isabelle Adjani est entrée dans le métier. L’assistante d’un metteur en scène, Bernard Toublanc-Michel, parcourait les lycées de la région parisienne à la recherche d’une petite blonde aux yeux verts pour son prochain film, Le Petit Bougnat. « J’ai convaincu ma mère de me laisser passer un bout d’essai. Le jeudi après-midi, j’y suis allée. On m’a engagée. Je ne savais ni ce qui m’attendait ni ce qui allait se produire. Mais, pour moi qui ai toujours détesté l’ennui, il se passait enfin quelque chose, c’était excitant ! Cet été-là, j’échapperais aux vacances rituelles en Bavière, à l’interminable voyage familial en 4 CV ! »

Le destin frappait à sa porte, mais cette chance l’obligeait à tourner le dos à sa vie d’avant. L’adolescente de Gennevilliers, en banlieue parisienne, fille d’une mère catholique d’origine allemande et d’un père musulman, tous deux non-pratiquants, s’est arrachée à ses racines. Sans possibilité de rattraper ce qui s’était échappé. Plus rien, chez Isabelle Adjani, ne serait jamais simple. Rien ne l’avait préparée aux feux brûlants d’une notoriété soudaine. Elle évoque même « un contresens, un inversement total dans (sa) vie, un mouvement de bascule ». « Mes parents n’avaient pas un sou, ils étaient fiers et très secrets, on ne se confiait pas aux autres. Il y avait une grande pudeur émotionnelle. »

L’enfant hypersensible a dépensé beaucoup d’énergie à protéger ses parents. « J’étais préoccupée par la santé précaire de mon père qui se tuait au travail, par l’inquiétude dévorante de ma mère. Je ressentais chez eux une forme de déception de la vie et, chez mon père, de l’amertume et de la colère. » Elle ne cache pas qu’elle a cherché à le guérir, à trouver « comment rendre plus heureux » cet homme qui ne lui a pas épargné sa violence, à elle et à son frère.

« Jeune fille très mélancolique »

Grâce au théâtre, la « jeune fille très mélancolique » a puisé dans la richesse de son imaginaire. Jouer, composer un personnage, la libérait. Mais il fallut supporter les obligations de la profession. Elle ne s’y attendait pas. « J’étais très sauvage, très craintive. Parfois, je ressentais les interviews comme un viol. Je prenais sur moi et je rentrais chez moi en pleurant. » Dans le récit de ses débuts, elle introduit une cassure. Le sentiment jamais effacé d’une insouciance brisée. « Tout a commencé par un moment de grâce, une envolée durant laquelle vous avez l’impression que tout va être léger, miraculeux, idéal. Et puis vous recevez un terrible coup de bâton de la réalité qui vous remet dans le droit chemin. »

Son départ de la Comédie-Française pour suivre François Truffaut dans l’aventure d’Adèle H marque ce tournant. « Des gens sont venus me dire que je me trompais. On me prédisait un grand malheur. Je n’ai jamais eu de relations normales avec l’extérieur, j’ai dû affronter, dès le début, une forme de fanatisme. Il m’a fallu me protéger, apprendre la stratégie. » Son extrême exigence professionnelle a fini d’installer son image d’éternelle insatisfaite. Isabelle Adjani, par souci de perfection, aurait laissé en jachère une partie de son talent.

Une filmographie finalement très restreinte en serait le reflet. Elle avoue son incapacité à tourner des films dans lesquels elle ne croit pas complètement. « Je ne me donne pas le droit aux mauvaises raisons. Certains acteurs peuvent être bons dans de mauvais films. Pour moi, c’est impossible. » De fait, elle a nourri la pression qui s’attache à chacune de ses (ré)apparitions. « Un de mes agents disait que l’on pourrait raconter ma carrière à travers les films que je n’ai pas faits », souligne-t-elle avec humour.

Elle a connu la dépression la plus sévère

Isabelle Adjani revendique l’autodérision. Les pages les plus sombres de sa vie sont sûrement derrière elle. Elle a connu la dépression la plus sévère. Contrecoup tardif de l’hystérie collective dont elle fut l’objet, lorsqu’elle fut contrainte, en 1987, de se rendre sur le plateau du « 20 heures » de TF1 pour donner la preuve de sa bonne santé et de son existence. Lorsqu’elle a sombré, ses amis lui ont porté assistance. Elle a trouvé dans les livres les témoignages de personnalités hors normes à l’exaltation blessée.

Elle parle de Camille Claudel comme d’une sœur. Elle remercie encore le réalisateur Bruno Nuytten – père de son premier fils, musicien aujourd’hui âgé de 27 ans – de l’avoir aidée à incarner cette artiste, trop différente des autres pour ne pas être internée. Elle a acquis les droits d’Une vie bouleversée, d’Etty Hillesum, et formulé de longue date le projet de le faire adapter à l’écran. Elle soutient bénévolement toutes les aventures théâtrales qui font connaître cette femme dont la foi s’épanouissait au fur et mesure qu’elle vivait l’horreur des camps.

Elle se sent aussi proche de Thérèse de Lisieux. Parfois, elle s’arrête en Normandie pour se rendre à la basilique. Elle voue une reconnaissance infinie à Alain Cavalier pour son film Thérèse. «Cet homme nous a donné une parcelle de divin. Voir ce film admirable, c’est se mettre en relation avec cette partie de nous-mêmes qui est liée à la bonté et à la joie.»

"Il est temps de vivre de nouvelles aventures"

Isabelle Adjani est en recherche d’absolu. Le vocabulaire religieux s’invite régulièrement dans sa conversation, comme un écho de la crise mystique qu’elle a traversée à l’adolescence. Aujourd’hui, elle dit qu’elle n’est pas une « vraie croyante ». Mais le doute est l’autre versant de l’« appel » qui la conduit notamment à regarder régulièrement les émissions religieuses du dimanche matin… « Je vais volontiers à la messe lorsque l’on m’y invite. Et il m’arrive d’entrer dans une église, pour prier. »

Gabriel-Kane, son deuxième fils – né de son union avec le comédien anglais Daniel Day-Lewis –, exprime le désir de recevoir une éducation religieuse. Parfois, l’adolescent taquine sa mère sur le fait qu’elle ne travaille pas assez. « J’ai toujours fait passer mes responsabilités de chef de famille et les miens avant moi. Je veux toujours rendre les autres heureux, répond-elle. Mais, c’est vrai, maintenant, il est temps de vivre de nouvelles aventures. Avant qu’il ne soit trop tard. » Et elle éclate de rire, avec une fraîcheur de jeune fille.

Bruno BOUVET

Source : lacroix.com

Je constate avec plaisir qu'elle est souvent présente dans la presse en ce moment , pour faire la promotion du film "La journée de la jupe" .

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14 mars 2009

Isabelle Adjani ...

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Vendredi prochain , le 20 , Arte diffuse un téléfilm intitulé "La journée de la jupe" ( il sort également au cinéma le 25 ) , dans lequel elle incarne une professeure de lettres qui craque et prend toute sa classe en otage . Parce que c'est elle , qu'elle se fait rare et que la critique de Télérama est très bonne , je ne manquerai pas de le regarder .

On peut considérer que je suis fan d'Isabelle Adjani , sans pour autant la mettre sur un piédestal . J'ai suivi sa carrière , je l'apprécie en tant qu'actrice et j'ai toujours été fascinée par sa beauté . Père kabyle , mère allemande , de qui tient-elle ses magnifiques yeux bleus ?

A une époque , je collectionnais les articles et revues la concernant , notamment "Première" ou "Studio" , mais il m'arrivait aussi d'acheter des revues plus "people" où il était question d'elle et je le fais encore . Récemment , j'ai acheté "Gala" où elle s'amusait à jouer les mannequins ( un mannequin pulpeux ) et aujourd'hui , j'ai acheté une revue qui s'appelle "Célébrités" .

D'aucuns raillent sa récente prise de poids et le fait qu'elle aurait peut-être abusé du Botox ... Certes , ce n'est plus l'Adjani de "L'été meurtrier" , mais elle a 53 ans et je la trouve encore belle . On lui en veut aussi parce qu'elle gère de manière très stricte son image , mais c'est son droit .

Il émane d'elle en fait un mélange de chaud et de froid , je trouve , la glace et le feu . Dans ses interviews , elle semble assez spontanée et chaleureuse , loin de l'image de la star lointaine cachée derrière ses lunettes de soleil .

Je l'ai aimée dans "L'été meurtrier" , dans "Possession" ( bien que ce film mette mal à l'aise ) , dans "Adèle H" , dans "Camille Claudel" et "La reine Margot" . Elle se donne à fond dans ses rôles .

J'ai hâte de voir ce film sur Arte ...

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